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Julia MULEDDA - Comps
 

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ASSOCIATION DE DÉFENSE ET DE

 

PROTECTION DES SINISTRES DE COMPS

 

   

 

 

 Président : Pierre Saint-Félix 43 route de Remoulins 30300 COMPS

 Trésorière : Andrée Batandier

 Secrétaire : Marc Perrin

 

    

 

Observations sur le plan Rhône faite en 2010 à l'intention de M. Etienne Mourut Député du Gard.

 

 

Dans le but d'aider à l'élaboration et l'aboutissement du projet concernant le futur statut des ZEC, je vous adresse quelques observations concernant le plan Rhône:

 

 La première a trait au financement global de ces réalisations pluriannuelles.

 

Lors de son élaboration difficile, durant de nombreux C T C, les besoins financiers étaient évalués aux alentours de 5 milliards d'euros sur 10 ans soit 500 millions/an.

 

Les divers arbitrages ont fixé ces investissements à environ 700 millions sur 5 ans ,à l'évidence il manquera beaucoup pour arriver à l'excellence en matière de sécurité des personnes et des biens.

 

Nous sommes bien timides par rapport aux Suisses qui procèdent à la troisième correction du lit mineur dans une topographie plus accidentée.

 

Une autre concerne le calendrier retenu pour l'ensemble des travaux.

 

Pas de réalisation en deçà de Beaucaire avant 2014/2015et cristallisation de la moitié du financement jusqu'à la fin de cette période.

 

Cette disposition règlementaire ne peut qu'inquiéter les riverains du Rhône moyen qui continuent à vivre sous la menace d'une répétition de la crue de 2003.

Bien sûr il faut commencer à l'aval, mais ne peut-on conjointement entreprendre les réalisations les plus urgentes (et retenues comme telles) sur l'ensemble du cours?

 

La Confédération des riverains du Rhône vient de soulever le problème lors de son assemblée générale en date du 01/02/2010.

 

Elle évoque l'idée d'une économie déguisée sous la forme de dépenses différées de plusieurs années.

 

La troisième concerne la viabilité des solutions retenues.

 

Exemple:La plaine de Mornas/Piolenc.

Avant l'intervention d'un parlementaire auprès du ministère de l'écologie, celle-ci pouvait écrêter jusqu'à 500m/3s par remous aval.

 

Après celle-ci, le gain est déclaré dérisoire et cette disposition phare devient caduque ; confirmation nous a été donnée lors de la réunion de Fourques en décembre 2009.

 

La valse hésitation des décisions résulte-t-elle de la légèreté des études et/ou des pressions exogènes qui compromettent la maîtrise partielle de l'écrêtement des pics de crues fondement même de la création des nouvelles ZEC.

 

Un autre aspect majeur du plan Rhône, la solidarité amont/aval est particulièrement malmené.

 

Si chacun en prend un personne n'en aura beaucoup » Paroles du Préfet de Région, M. LACROIX, lors d'un CTC en Avignon.

 

Les solutions élaborées par le Symadrem ne vont pas dans ce sens, loin s’en faut;

 

 Certes les bénéficiaires de ces décisions (grande et petite Camargue) ne s'élèveront pas contre cette dérive et l'on peut comprendre la totale adhésion des riverains et des élus : mais les faits sont les faits et les faits sont têtus:

 

Disparition du déversoir au niveau de la digue du fer à cheval. Pourquoi ?

 

Difficile de le mettre en place à la hauteur voulue 12700/12800 sans soulever les protestations des habitants de la ZEC de Boulbon qui fonctionnera dès 10000 m/3s.

 

Pour arriver au résultat arrêté dans le projet, il faut procéder à un astucieux glissement sémantique, un déversoir devient une digue déversante et le problème est résolu.

 

Le résultat final, dés lors que tout les travaux seront terminés, (bétonnage, réfection, confortement et côté Gard la ré-hausse) l'espace protégé sera à l'abri de la crue CINQCENTENNALE;

 

Explication:

 

Estimation C N R 12200 m/3s Crue 2003.

 

Estimations conférence du Consensus:11500avec +/- 5%

1000m/3s dans le Rhône = 50cms de hausse au niveau du fer à cheval.

Le sommet de la digue déversante est fixé à 30cms de plus que les laisses de crues 2003

1000 m/3s =50 cm ; 30 cm =600m/s

 

Résultante incontestable :

 

CNR 12200+600 = 12800 m/3s

 

Conference consensus: 11500+5% =121000, 12100+600= 12700 m/3s

 

Nous sommes bien dans la valeur d'occurrence 500 ans (12900 m/3s) et de surcroît cette valeur ne concerne que la digue déversante, la crête de protection étant nécessairement plus élevée ; de combien ? La vérification pourra se faire à Beaucaire dès la première crue majeure survenant.

La stratégie appliquée exclut nécessairement tout exutoire en grande Camargue.

 

La conséquence sera que de Beaucaire à la mer il n'y aura (sauf rupture devenant très hypothétique) plus une goutte d'eau dans ces milieux réputés humides (paradoxe s'il en est ) et plus de raison d'être inquiet devant l'aléa

Personne n'est dupe de cette rupture caractérisée de la solidarité énoncée comme une loi d'airain dans les principes fondateurs du plan Rhône.

 

Par contre pour l'amont de Beaucaire les réalisations à venir ne peuvent que fragiliser un peu plus les 2 ZEC coincées entre le barrage et le resserrement Beaucaire/Tarascon..

La ré-hausse projetée de la digue de la montagnette à Tarascon, la mise en étanchéité des portes de la banquette à Beaucaire militent fortement en ce sens.

La chenalisation du lit majeur par toilettage entre Beaucaire et Arles , amputée légèrement par la digue Tambec,la digue nord d 'Arles et la réfection de la trémie RFF,aura pour résultat une élévation des niveaux à l'amont du resserrement indiqué plus haut .

Loi Physique ; lorsque l'on pince un tuyau ,il en résulte immanquablement un gonflement à l'amont et une accélération des débits à l'aval .

 

Alors les deux ZEC seront, selon les écrits du Symadrem, optimisées (en clair boiront la tasse jusqu'à la lie) ce qui ne peut que satisfaire les riverains concernés, l'urgence d'un statut des ZEC n'en devient que plus criant.

 

Peut-être saurons-nous un jour au nom de qui ou de quoi nous sommes condamnés (enjeux économiques, lubie de technocrate ou plus vraisemblablement lobby du delta ;)

 

Cela est certes un peu long, mais il me fallait faire la démonstration que mes affirmations ne sont pas des divagations d'illuminé pas plus que des affirmations infondées,

J'espère que ces informations vous apporteront un éclairage plus précis sur ce qui est appelé à devenir une zone de sur-inondation.

En vous souhaitant bonne lecture je vous adresse Me le Député mes meilleures salutations.

 

Pierre Saint-Félix